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Mar 13th

Mon pastagate à moi: le respect

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En tant que restauratrice je me suis dit que je pouvais exprimer mon point de vue sur l’affaire « pastagate » du Buenna Notte. Il se peut que je sacre dans ce texte et je m’en excuse pas (je suis un peu frue).

Il y a un groupe Facebook qui est apparu depuis la grosse histoire médiatique, je ne mettrai pas le lien parce que c’est une gang d’horribles redneck du Québec, mais je regardais leurs commentaires, et kaliss que y’a des gens épais dans la vie. Oui, le propriétaire du Buenna Notte avait seulement un menu en italien/anglais et il refuse de s’excuser pour avoir déformé la réalité en parlant que de l’italien quand en fait le problème était qu’il n’y avait pas d’explications en français. Mais le réel problème n’est pas sa nationalité ou la langue qu’il parle. Le problème, c’est que c’est un chef d’entreprise niaiseux. Des employeurs caves en restauration, il y en a à la tonne et leur nationalité n’a absolument rien à voir. Des épais qui en font qu’à leur tête même s’il y a des lois et des règlements à suivre pour le bien-être de la santé mentale de tous, il y en a trop. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des règles sur l’affichage, sur les mesures de sécurité, sur combien de tables tu as droit dans ton établissement, sur où tu mets tes poubelles à l’extérieur, bref, sur TOUT, et il FAUT les suivre, on a pas le choix, sinon c’est juste le chaos. Si tu veux pas suivre une règle, fais une dérogation, tout simplement.

Voici quelques exemples d’employeurs stupides que j’ai eu à cotôyer: un jour un homme m’a engagé comme sous-chef. Au bout d’une semaine de travail il m’a donné un chèque de… 192$. Sous-chef. C’était un québécois pure souche. Je peux vous dire que se faire niaiser pour un travail aussi physique et demandant que cuisinier professionnel, c’est pas drôle. Un jour j’avais un patron qui donnait tout l’alcool qu’il pouvait à ses amis (un bon businessman, vous voyez) et qui refusait de me donner mes talons de chèque. Après avoir insisté et les avoir reçu, je me suis rendue compte qu’il imprimait ça boboche sur Word et qu’il gardait l’argent qu’on enlève à chaque paye pour l’assurance-emploi, mon 4%, etc. C’était un mec moitié québécois moitié mexicain. Un jour j’ai eu un boss qui a décidé que dans son bar il payait le staff quatre heures par shift peu importe le nombre d’heures travaillées: non seulement c’est complètement illégal, mais lorsque je lui ai fait la remarque il m’a envoyé chier promptement; je crois qu’il était Espagnol… tout ça pour dire qu’en restauration, des injustices, il y en a en tabarnak, et comme vous pouvez voir, mes expériences prouvent que la nationalité n’a aucun rapport avec les actions. Et le plus fou dans tout ça, c’est que même si on appelle les normes du travail et qu’on fait des plaintes, il ne se passe jamais rien. Jamais. J’ai fait des plaintes contre des employeurs crosseurs et à ce que je sache, aujourd’hui, ils sont toujours en poste. C’est beau, han? On ne peut pas juger les actions de quelqu’un sur sa nationalité ou sa couleur de peau, ça n’a aucun sens. Mais on peut juger les actions de quelqu’un, comme par exemple ne pas mettre de français dans le menu, ou ne pas payer son staff toutes les heures qu’il a travaillé, ou voler l’assurance-emploi de ses employés, saloper les environs de son entreprise avec des déchets……………

Donc bref, des choses comme le « pastagate », c’est pas juste au Buenna Notte et c’est pas juste à propos du français dans les menus et ça se passe à tous les jours, autour de nous. Le vrai problème c’est qu’on manque véritablement de respect, en restauration. Respect des lois, respect des droits, respect des gens. Et moi en tant que chef propriétaire de mon petit resto de quartier, je sais que c’est une de mes forces, le respect que j’ai pour mes collègues et mes voisins; ça m’apporte beaucoup plus que si je faisais mes propres lois en faisant chier les autres.

Au resto: ils ont enfin terminé les rénovations!!! Hier une équipe de ménage est venue et ils ont nettoyé toutes les surfaces; ils ont aussi lavé la vaisselle qui étaient dans des boîtes, tout était emballé individuellement et il y avait tellement de poussière de plâtre que les tuyaux ont bloqué et mon maudit lave-vaisselle qui en est à son vingtième bris a commencé à cracher l’eau et le savon par les craques de la porte. Imaginez à quel point c’est poussiéreux et que j’ai devant moi une sale job de nettoyage avec la quinzaine de boîtes qu’il y a encore en bas… J’ai aussi plein de peinture à faire (mes ardoises, entre autre), déterminer quelle décoration va où, les installer, peinturer une ardoise dans la cuisine pour que je puisse noter mes trucs dessus au lieu d’avoir plein de petits papiers partout, vider toutes ces boîtes et tout laver, tout replacer, quelques autres bons ménages, bref, vraiment améliorer la finition du Chien Rose. Ensuite je vais devoir faire mes commandes, la mise en place, et être vraiment bien prête à toute éventualité (lire ici me faire rentrer dedans parce que on s’ennuie tous du Chien Rose!!!). J’me donne un trois semaines pour réussir à faire ça. C’est le fun, cette fois ci, je sais à quoi m’attendre! Au lieu de la peur que je ressentais il y a un un peu plus d’un an à l’ouverture le 14 février 2012, je ressens de l’excitation, de l’amusement, j’ai si hâte! 🙂

On se voit super bientôt!!!

C’est la Cabane à sucre FLO samedi prochain!!! Y serez-vous??? On sera sur notre terrasse avec des sandwich de jambon maison, pulled pork, du chocolat chaud Maya, et autres surprises!!! weeeeeeee

Mitche

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  1. Silver Price
    juillet 30, 2013at 18:45

    Ce qui est triste, c’est le manque de fierté et d’amour des Québécois pour leur langue. On n’a pas la fierté de bien la parler et le courage de la faire respecter. Par amour et par respect pour notre langue, le propriétaire du « Buona Notte » aurait dû changer son menu. Était-ce si compliqué de traduire en français les mots italiens qui pouvaient être changés? Ça lui aurait coûté moins cher que d’engager un avocat à qui il a déjà payé 4500$. On devrait féliciter la personne qui a formulé cette plainte. Elle s’est tenue debout contrairement à l’ensemble des Québécois francophones.

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