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Jan 16th

Pourquoi Le Chien Rose?

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Et voilà, ça y est, le site est presque fini, ainsi que le resto. Mon idée d’écrire à chaque jour ce qui se passait au resto pendant les réno n’aura pas eu lieu, mais au moins, vous avez vu les photos sur notre Facebook…  C’est ça qui arrive quand on fait tout nous-même! Ça prend plus de temps puisqu’on n’est pas des pro, mais on fait d’la belle job en sacrafaisse.

 

Ce billet a pour but de vous expliquer pourquoi on s’appelle Le Chien Rose parce que vous êtes beaucoup à nous l’avoir demandé, et je ne voulais pas vous le dire avant que le premier concours (celui où il fallait trouver le nom de notre chien emblème qui finalement s’appelle Truffe) parce que l’histoire vous aurait sûrement biaisés.

 

Pour ceux qui suivaient mon blogue précédent, L’Affaire 52, vous savez avec mon dernier billet que j’ouvre mon resto avec ma famille. En voici quelques extraits :

 

« Mon père, à la retraite depuis quelques années, adore lui aussi cuisiner.  C’est grâce à mes parents qui ont toujours cuisiné de bons repas maison à chaque soir qui nous ont donné envie de bien manger, à ma soeur et moi.  Et l’envie de cuisiner, pour moi-même et pour les autres, me vient sûrement de mon père qui, après deux-trois semaines de ma première année d’école, s’est dit « je ne vais certainement pas me taper son lunch à chaque fucking jour », m’a pris par le bras, m’a montré deux tranches de pain, la moutarde, le jambon, et m’a dit « voici avec quoi on se fait une sandwich », c’est frotté les mains de satisfaction et est parti, soulagé d’une tâche, en sifflotant.  À partir de ce jour, j’ai toujours dû faire mes lunch moi-même.  Et mes dîners la fin de semaine aussi, mais là, c’était plus amusant; j’étais avec ma soeur et on avait accès à un four.  On en a mangé, des tortillas grillés au fromage à la crème et jambon, cheddar et pepperoni ou bien des ‘kraft dinner’ maison au St-Guillaume.  C’est sûr que dans le temps, ça me faisait chier souvent, devoir faire mon lunch à chaque soir, mais aujourd’hui je suis heureuse de l’avoir fait.  Y’a pas meilleur moyen pour apprendre à un enfant quelque chose qui va lui servir toute la vie.  Prenez note, parents!  Bref, dans la famille, on a tous nos forces: ma mère et ma soeur aiment faire les desserts, mon père et moi aimons faire les repas.  Et nos repas de famille sont toujours un vrai délice, je vous le confirme.

 

Donc, pour en revenir au présent, on est une famille de cuistots.  Et mon père me pousse dans le cul depuis looogtemps pour qu’ons’ouvre un resto.  Au coin de notre rue (j’habite en appart seule comme une grande, mais sur la même rue que mes parents, deux blocs plus loin; je les aime, mes parents, on s’entend bien) il y a un resto déli, style burgers pizza poutine un peu sale, où pas grand monde vont manger.  Il y a un an, on était allés le voir pour lui demander s’il voulait vendre, et il était prêt, mais pas moi.  Je me sentais trop jeune encore, j’avais l’impression que j’allais rater ma jeunesse en travaillant comme une folle dans mon restaurant.  L’année a passée.  J’ai terminé l’Affaire 52.  J’ai vu tellement de choses dans la dernière année que j’ai l’impression que j’ai vécu trois années en une.  Et puis il m’est arrivé quelques histoires de job cet été, comme par exemple, le cancer des bars.  Je ne suis plus capable de travailler derrière un bar.  Du tout.  La stupidité des gens m’a empoisonnée, j’en vois un seul qui me commande une niaiserie encore et je hurle, je me mets un bandeau su’a tête comme Leonardo Di Caprio dans The Beach, avec le regard ben sérieux, pis je viole tout le monde.  Pu capable.  Donc, puisque j’étais là, à me dire que j’avais pu de job payante et remarqué avec mes autres histoires de jobs de cet été que je vais passer sous silence que j’ai acquis assez d’expérience pour avoir mon resto, je suis donc allée voir mon papa et je lui ai dit « GO, on se lance! »  Et on est retournés au coin de la rue et on a acheté le resto. »

 

Ma famille habite Ahuntsic depuis que ce quartier a été développé.  Mes grands-parents ont fait construire la maison dans laquelle j’ai grandi, mes parents l’ayant rachetée lorsque mes grands-parents l’ont mise en vente.  À mes 18 ans, j’ai fait une overdose d’Ahuntsic principalement à cause de la kali** d’autobus 180 qui était toujours en avance ou toujours en retard mais jamais à l’heure.  J’ai vécu trois ans dans Villeray et cinq ans dans Rosemont Petite Patrie, en appart avec des colocs (et mon ex) et l’expérience de mon dernier appart, sur la 14e avenue, était si horrible que je suis revenue dans mon beau quartier d’enfance tranquille et je n’ai jamais fait un meilleur move de ma vie. À tout le monde qui disent que le métro Sauvé ou Henri-Bourassa c’est loin, ça me prend exactement le même temps me rendre au centre-ville que quand j’habitais Rosemont, et j’ai une seule ride de métro à faire et pas d’autobus à attendre. Et les murs sont vraiment béton, les fenêtres en meilleur état et les cours plus belles comparé à l’est de la ville…

 

Bref, pour en revenir à ma famille, ma grand maman Yolande et mon grand papa Jacques ont eu quatre enfants, Guy, Jean, Julie et Marc (mon père c’est Jean!).  Chaque enfant avait un surnom, celui de tante Ju était ‘la petite chatte’ (ouain, aujourd’hui, hein, c’est bizarre, mais bon, dans les années 60 ça devait passer comme dans du beurre, cette expression), celui de Marco était ‘le petit chou’, celui d’oncle Guy c’est vague, personne ne s’en rappelle, et on ne le saura jamais since mes grand-parents nous regardent de là haut, et celui de mon père était… le chien rose!  Aussi simple que cela.  J’ai appelé mon resto en l’honneur de mon papa Jean, et en l’honneur de Yolande et Jacques qui lui ont donné ce surnom, et en l’honneur de notre famille entière, finalement.  J’aime ma famille, je les trouve drôles, et beaux, et fous, et intelligents, et uniques.

 

Le Chien Rose, c’est un nom assez unique, facile à se rappeler et même les anglophones devraient avoir quelques bases de français assez approfondies pour être capable de dire « chien » et « rose ».  À tous ceux qui me disent « beeeuh, la mode des noms de resto avec des animaux, genre Ma Grosse Truie Chérie, Le Chaud Lapin, c’est du déjà vu » eh bien je vous dit « va donc voir là bas si j’y suis », comme je dirais à un ex-collègue serveur qui avait ri de mon choix de nom -et heureusement pour toi ton prénom m’échappe parce que tu es tellement arrogant, fils, que je t’aurais nommé ici sans gêne.  Je n’ai pas appelé mon resto pour être à la mode.  Même le décor, je l’ai imaginé non pas en fonction des tendances ou quelque chose dans le genre, j’ai choisi de quoi d’intemporel, neutre et simple pour ne pas que ça me tape sur les nerfs après quelques années, tout simplement.   Et on a pensé à arranger notre cuisine ergonomiquement, on a passé une journée à penser à comment placer les tables pour que vous ne soyez pas trop collés les uns sur les autres, on a pensé aux cuisiniers qui se lavent si souvent les mains, aux serveurs qui ont le comptoir à machine à café le plus réussi de l’univers, on a pensé au plongeur et à son dos en surélevant le lave-vaisselle… enfin, au Chien Rose, y’a de l’amour PARTOUT.

 

Et vous allez le ressentir!

 

p.s. désolé pour les photos de famille vraiment pixélisées: je m’adapte lentement mais sûrement au site Internet… je vais devenir meilleure avec le temps pour ce genre de détails!

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  1. Isabelle L
    janvier 16, 2012at 19:23

    Très jolie comme histoire et je souhaite prospérité à ce resto que j’ai tant hate d’aller essayer 🙂

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  2. épicerie fine
    février 22, 2012at 13:57

    Bonjour. Ce thème me tient particulièrement à coeur de part mon instruction. Le côté graphique me plait également. Tous mes encouragements pour votre site et bonne continuation. Christelle.

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  3. Odette V
    avril 13, 2012at 19:01

    Bonjour ,

    J’ai sû que vous existiez par une copine de l’enclos à chiens rue Fleury/Charton. Drôle d’endroit pour découvrir Le Chien Rose!!! La même dame est allée dans vôtre resto et me disait qu’elle ne pouvait faire un lien avec les chiens!!
    Après avoir lu votre charmante histoire je suis donc en mesure de lui causer de grand-maman Yolande et de grand-papa Jacques les quels ont surnommé leurs enfants et Jean hérita du chien rose! Moi aussi je suis native d’Ahuntsic quartier que j’ai délaissé 2 fois dans ma vie.

    Il fait bon vivre ici parmi cette verdure luxuriante et ces cours d’eau sans oublier nos magnifiques parcs.

    Je suis déjà une adepte du St-Urbain et je me ferai un plaisir en allant déguster vos bons plats!

    Bravo et bonne chance!!!
    Odette V

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